03 février 2007

XX + 21 = XLI

On n’oublie jamais la première fois.

C’était le 26 janvier 1986. J’avais tout juste quinze ans.

Il était un peu plus de minuit et je regardais Canal+.

Au début, je fus un peu surpris par le spectacle de ces corps enchevêtrés qui s’offrait à mes yeux puis, peu à peu, je fus gagné par une excitation grandissante jusqu’au final en apothéose, trois heures plus tard.

Je venais d’assister à mon tout premier Super Bowl.

Ce soir-là, les Chicago Bears surclassèrent les New England Patriots sur le score sans appel de 46 à 10.

Un succès magistral ponctuant une saison régulière époustouflante (15 victoires en 16 matches) et une domination sans partage en play-off (deux victoires 21-0 et 24-0).

Une attaque phénoménale comptant dans ses rangs les légendaires Walter Payton et Willie Gault, dirigée par un «punk» génial, fantasque et imprévisible, Jim McMahon.

Une défense cannibale au sein de laquelle sévissait entre autres Richard Dent, Mike Singletary, Dan Hampton et William «Refrigerator» Perry.

Depuis ce jour, tous les ans, de septembre à janvier, j'observe avec attention les résultats et le parcours des Bears.
Depuis 21 ans, j’attends de revoir mon équipe favorite atteindre la grande finale de la NFL.
21 ans d’espoirs, 21 ans de déception.

Jusqu’au 4 Février 2007.

Pour la première fois depuis ce jour glorieux de 1986, «Da Bearz» sont de retour au Super Bowl, grâce, encore une fois, à leur défense anthropophage axée autour du monstrueux Brian Urlacher.

Lecteurs sportifs, curieux et/ou insomniaques, je vous invite donc à assister dimanche 4 février (de préférence sur NASN, les commentaires sur France2 étant particulièrement ineptes et insupportables), à partir de minuit, à cet événement planétaire.

Certes, pour les néophytes, le Football Américain, ça ne ressemble pas à grand’ chose.
Difficile à première vue de trouver un quelconque intérêt à observer des montagnes de muscles en armure de plastique s’agglutiner autour d’un ballon, mais en y regardant de plus près, on s’aperçoit vite qu’il s’agit d’un sport spectaculaire et extrêmement tactique dans lequel chaque joueur a un rôle très précis pour la bonne marche de l’équipe.
Un jeu d’échec taille XXXL en quelque sorte.

Tentez l’expérience.

Et pour le festin des Ours, il y aura du Poulain au menu.

4 Comments:

At 04 février, 2007 14:07, Anonymous Anonyme said...

Que de souvenirs !
1- Les Colts ! Mon équipe ! Moi aussi j'attendais cela avec impatience même si je ne suivais plus trop ces dernières années !
2- Les Joe Montana, Jerry Rice, Dan Marino, John Elway ... me reviennent en tête !
3- Mais surtout toutes les parties de Football Américain sur plateau (mais je ne me rappelle plus trop du titre exact !) que l'on a pu faire l'un contre l'autre ! Il était bon ce jeu quand même !!! Des belles prises de têtes avec le hasard lors des tirages de cartes (fumble, 1 yard alors qu'il en fallait 2 pour recommencer une série, interception...) ! A s'étriper quand la chance était souvent du même côté (non ce n'est pas de la chance mais de la stratégie !!!)...
4- La dérive du Foot Us vers un style plus brute avec Blood Bowl...

... ah oui !!! Que de souvenirs !!!

 
At 04 février, 2007 21:51, Blogger wayne99 said...

Jim McMahon... Ma soeur etait amoureuse... Moi j'aimais bien le cote fantasque du joueur... Meme si on ne peut bien sur pas oublier Joe Montana, Elway, Marino ou meme Steve Young.

Et pour ce soir, Grossman contre Manning, a ce niveau la y'a pas photo... Mais un match de football americain ne se gagne pas avec un seul joueur...

J'espere juste voir un beau match et que la tension ne prenne pas le dessus!

 
At 05 février, 2007 23:28, Blogger caro said...

Euh pardon, j'voudrais dire un truc dans l'entrebaillement de la porte : 21 ans plus tard, c'est toujours le même nom d'équipe, mais plus les mêmes joueurs, tu aimes tant les ours ?

A la rigueur être pour son équipe nationale ou son équipe régionale, je comprends, mais supporter pendant si longtemps une équipe de si loin sans autre attache que le souvenir de la première fois... ah la force de la nostalgie :)

(j'ai pas regardé, j'étais chez mes grands-parents, cure de sommeil et footing dans les prés fleurissent fleurissent, tu comprends...)

 
At 13 février, 2007 22:40, Blogger Franck said...

Bon, ce ne sera pas pour cette année (défaite 29-17).
Espérons que les Bears participeront au Super bowl avant 2028 !

Xibo > Je me souviens surtout des Super bowl regardés ensemble, notamment un terrible Bengals – 49ers. A l’époque, du lait et des cookies nous aidaient à tenir le coup jusqu’à 4h00. Maintenant c’est plutôt de la bière et des chips ;-)
Sinon, le fameux jeu de plateau s’appelait «Statis-Pro Football». Il a été arrêté en 1992 mais depuis lors, quelques fous furieux continuent à jouer et à créer leurs propres cartes de joueurs et d’équipes grâce au stats de la NFL ! Tu trouveras tout le nécessaire pour jouer ainsi qu’une version de Statis pour PC (attention, hautement addictif !) sur l’excellent site (en anglais) : http://www.bombersgolf.com/StatisPro/FootBall/home.html
Que dirais-tu de rejouer le Super bowl LXI lors des prochaines Xiboludiques ?

Wayne99 > Jim McMahon is God ! Il semble que ce genre de sportifs, à la fois talentueux et un peu barjot, ait malheureusement complètement disparu. Plus de Connors, de McEnroe ou de Cantona. A leur place, de gentils garçons bien propres sur eux et sans aucun relief (le sujet sur l’enfance de Manning avant le match était simplement pitoyable).
Sinon, la différence d’expérience des QB a vraiment joué un grand rôle dans ce Super bowl. La défense des Bears m’a également pas mal déçue. J’espère ne pas devoir attendre 21 ans de plus pour les voir gagner un nouveu titre ;-)

Greluche-jolie > Il m’est difficile d’expliquer cet attachement aux Ours de l’Illinois. L’effet «Première fois» sans doute, leur style de jeu caractéristique centré sur une défense impitoyable, les matchs joués sous la neige, les joueurs légendaires du passé dont l’ombre plane encore sur Soldier Field…
Dans de nombreux sports collectifs et dans de nombreux pays, l’attachement à une équipe n’est pas lié uniquement à la proximité géographique. Par exemple, pour rester dans le Football Américain, les Cowboys de Dallas sont surnommés «The America’s Team» aux U.S.A. car leur popularité dépasse largement les frontières du Texas. Même phénomène pour le football en France : l’O.M. est le club favori de tous les jeunes de banlieue, le célèbre «Jeu à la nantaise» suscite l’engouement de nombreux amateurs aux six coins de l’hexagone, et «Les verts» de l’A.S. Saint-Etienne attirent à Geoffroy Guichard des supporters venus de toute la France.

 

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